#LGBTQIA+
En août 2024, alors que Lucie Castets est proposée au poste de Première ministre par le Nouveau Front Populaire, Paris Match publie un article sur sa vie de famille dans lequel elle déclare : « Je souhaite trouver un équilibre entre protéger ma famille, ma femme et notre enfant, et dire qui je suis. Ça me semble encore important aujourd’hui. » Sur les réseaux sociaux, elle essuie une vague de commentaires homophobes. Et l’eurodéputée Nathalie Loiseau, du groupe politique Horizons, réagit en affirmant : « Pour moi, la politique passait par la discrétion sur soi-même, le service des autres et le passage par l’élection. Mais ça, c’était avant. Je dois être très très old school. »
Ce tweet est révélateur de l’hypocrisie d’une certaine classe politique et d’une partie de la société à l’égard de l’homosexualité, et je dirais d’une homophobie latente. Nous, personnes queer, voyons constamment nos corps, nos existences, nos sexualités renvoyés à un espace privé. Je me souviens de ma première expérience de lesbophobie, alors que ma copine et moi pique-niquions aux beaux jours, échangeant des gestes tendres, toutes mignonnes avec nos tomates cerises et notre nappe de camping. Un homme à vingt mètres de là nous lance : « Vous ne pouvez pas faire ça ailleurs non, il y a des enfants ! »
Le simple partage de nos identités ou de nos vies de famille est perçu comme une revendication. On ne compte pourtant plus le nombre d’articles nous dévoilant les petites habitudes du couple Macron. On s’enthousiasme de voir Teddy Riner partager l’affiche avec sa femme pour présenter la version française de Love is Blind. On s’émeut de la chanteuse Zaho de Sagazan qui partage la scène avec son amoureux pour l’une de ses dernières dates à l’Olympia. La vie privée peut être partagée, mise en valeur, célébrée et s’avérer touchante, mais dès lors qu’elle n’est pas dans la norme, on l’appelle à rester discrète. On ne veut pas voir l’homosexualité et la vie des personnes LGBT. Pourquoi nier que le privé est politique ?

© Fifou
Tahnee
Jeune figure du stand-up français, Tahnee est comédienne et humoriste. Son spectacle L’Autre a été joué dans toute la France. Elle est aussi chroniqueuse pour la matinale du Mouv’ où elle anime l’émission Laisse-moi rire. C’est une femme métisse et lesbienne qui aime répondre, quand on lui pose la question, que son prénom signifie « théâtre ». C’est faux.
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